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Les pharmacies low-cost se retrouvent partout !

Posted by filmtvtr on

Nous nous rendons souvent dans notre pharmacie pour acheter d’autres produits que des médicaments. Votre petit dernier à des poux ? Direction la pharmacie pour acheter tout l’équipement, peigne et shampoing. Vous avez besoin de ce shampoing spécifique qui n’est produit que par la Roche Posay mais uniquement disponible en pharmacie ? Hop ! On va acheter son petit pot. Mais, ne vous êtes-vous jamais dit que les formats étaient un peu petits ? Ou que le prix était quand même assez cher ? « Bien sûr que oui ! » Répondrez-vous. Vous avez même fait plusieurs pharmacies ( pharmacie de garde ) pour comparer les prix et les formats mais vous avez vite compris qu’ils étaient assez similaires. Bien sûr ! A moins d’habiter dans une grande ville, la différence de prix et de produit entre les pharmacies sera faible. Ces dernières commandent en général au même grossiste pour limiter les coûts d’achat des médicaments et autres produits. La différence que vous verrez dans le prix proviendra des différents coûts inhérents à la pharmacie dans laquelle vous vous trouverez.

En ce qui concerne les formats, et bien les fournisseurs ne proposent pas des milliers de formats différents car les pharmacies ne sont pas, par nature, des endroits où l’on va passer 10 minutes à comparer le prix au litre des 20 différentes sortes de shampoings qui s’offrent à vous. Vous venez en général chercher quelque chose de précis et prendrez ce qui s’offrira à vous.

Mais aujourd’hui, un nouveau type de pharmacie a fait son apparition. Connaissez-vous Citypharma ? Ou bien peut-être Lafayette ? Ces noms correspondent à pharmacies « low-cost » qui ont décidé de casser les prix et qui attirent de plus en plus de clients. Prenons l’exemple des Pharmacies Lafayette.

La première pharmacie a été fondée en 2005 à Toulouse, et s’est depuis grandement étendu en France avec 53 points de vente aujourd’hui. Leur expansion ne s’arrêtera pas là car Hervé Jouves, le directeur général a précisé qu’ils visent une couverture du territoire par 150 officines dès 2017.

Mais pourquoi cela fonctionne ? Tout simplement parce que le marché se modifie grandement et que ce type de pharmacie répond à une demande. En effet, la population française vieillit consomme, voir surconsommes des médicaments. On évoque le chiffre moyen de 48 boîtes par an et par habitant. Et cela sans compter l’automédication !

Comment fonctionne le modèle ?

Tout simplement en reprenant le modèle des grandes surfaces. Les espaces sont beaucoup plus grands qu’une officine classique (on parle jusqu’à 1 000m²) et le choix dans les produits et marques est extrême, tout comme dans un hypermarché mais ici spécialisé dans la nutrition, la cosmétique et la santé. Les tarifs sont aussi très compétitifs. Vous pouvez trouver votre produit de parapharmacie préféré 25 à 30 % moins cher que dans votre pharmacie habituelle. Cela provient des volumes de commande. Comme le système se construit comme n’importe quelle chaîne de supermarché, la centrale va commander pour l’ensemble de ses officines, ce qui correspond à un bon de commande beaucoup plus élevé que ne pourrons jamais faire des pharmacies commandant communément à un grossiste. Elles ne sont pas assez nombreuses tout simplement. De plus grosses commandes signifient des rabais plus importants de la part du fournisseur et donc des prix au consommateur beaucoup plus bas. Le jeu sur les marges est aussi primordial. Les prix sont ajustés avec une marge plus faible pour le commerçant mais en étant sûr d’avoir un gros volume de vente ce qui permet au professionnel de s’y retrouver au final.

Ce modèle leur permet aussi de discuter directement avec les laboratoires pharmaceutiques. Les pharmaciens en officines doivent se réunir et discuter entre eux avant de pouvoir aller s’adresser à leurs fournisseurs et négocier les prix. Encore une fois, c’est plus compliqué et le volume est plus faible. Les pharmaciens ont au final un pouvoir de négociation plus limité que ces nouveaux modèles économiques.

Vous pouvez désormais acheter votre crème préférée ou ce fameux shampoing qui rend vos cheveux soyeux pour un prix sans précédent. Néanmoins, l’offre reste encore limitée aux grandes villes et ce changement dans nos habitudes va prendre un certain temps. Les grandes surfaces en profitent aussi pour faire du forcing sur les points de ventes des pharmacies et parapharmacies. Le PDG des magasins Leclerc, Michel Edouard Leclerc, fait du lobbying depuis des années à coup de publicités télévisées, d’intervention sur les plateaux télé et de discours dans divers évènements pour que la vente des produits sans ordonnance soit possible dans leur parapharmacie. L’argument avancé est que ce sont des produits bien connus des clients et que leurs magasins ont toujours un professionnel de santé présent pour répondre aux questions du client.

Il a récemment obtenu une petite victoire en obtenant l’autorisation de vendre des tests de grossesses dans ses supermarchés. Cela est dû à la publication récente de la loi Hamon. La prochaine étape, pour Leclerc, est de vendre des produits sur une base d’un euro.

On voit donc clairement une modification du modèle économique de la vente de médicament et des produits parapharmaceutiques. Les changements se font de façon relativement violente. Une vraie guerre de communication s’est lancée entre les professionnels de santé, pharmaciens, soumis à une législation et un contrôle des prix très dur par le Ministère de la Santé, et de l’autre les hypermarchés et nouveaux modèles de pharmacie qui ont le pouvoir du nombre et de la facilité d’accès.

Après tout, c’est tellement plus simple de tout avoir à un seul endroit comme c’est le cas aujourd’hui pour beaucoup de produits. Vous pouvez en effet équiper presque complètement votre maison en allant à l’hypermarché du coin.

Mais les mentalités ne changent pas si facilement. Bien que le modèle de la pharmacie géante à bas prix semble devenir fonctionnel et sera certainement accepté par les clients et les médecins ( medecin de garde ). Il semble peu probable que l’achat en vente libre d’aspirine dans un supermarché à côté des promotions pour le filet de poulet ou trois boîtes de céréales au prix de 1 ! prendra facilement.

Seul l’avenir nous le dira mais celui des pharmacies low-cost semble assuré.